vendredi 30 mars 2018

De la Dent de Vaulion aux Gorges de l'Areuse

Avec le printemps et la neige qui fond, les randonnées deviennent plus légères... en équipements!
La montée à la Dent de Vaulion depuis Petra-Felix se fait sans difficulté, mise à part plusieurs sapins à enjamber, sequelles des coups de vents du mois de janvier. 

 Le résultat de ces arbres déracinés ou cassés est parfois surprenant, et laisse apparaitre de nouveaux habitants dans les forêts de la vallée de Joux.





 Un peu de glace subsite sur le lac de Joux et un cygne cherche son repas sur les hauts fonds tandis que moi je cherche le mien du côté de l'excellent restaurant de l'Aurore. au Pont.




 La nuit a été fraiche avec un petit -6, et surprise du matin, le lac est pris par une mince pellicule de glace. Pas ce celle ou l'on peut traverser à pied ou faire du patin, mais avec le givre matinal, l'effet est  magnifique, et le pêcheur doit jouer au brise-glace pour travailler ses filets.




 Un petit coup d'oeil sur le troupeau de chamois qui se restaure frequemment dans ce paturage, entre le lac Brenet et le col du Mt d'Orzeires. Pas loin d'un autre troupeau, mais de bisons celui la, ainsi que quelques ours, loups et autres lynx... le Juraparc du Mt d'Orzeires.

Direction Noiraigue, pour une descente des Gorges de l'Areuse au printemps. Pas encore beaucoup d'eau, mais le débit est quand même assez impressionant. La forêt dénudée permet de mieux voir l'Areuse et ses berges, camouflées par le feuillage en été. Cette descente va m'amener jusqu'à Bôle, d'ou je prendrais le train pour rejoindre mon point de départ après cette belle ballade au fil de l'eau.








mercredi 14 mars 2018

Un mercredi à Tracuit


Il y a des jours ou rien ne se passe comme prévu, des jours ou le téléphone sonne trop tôt, un matin ou Tania me demande de venir la dépanner, son bus est en panne. 
Le temps de sauter dans mon pantalon et …moi qui avait prévu d’aller fabriquer une cuisine, je vais me retrouver à ranger des provisions et faire des lits à 3’256m d’altitude à la Cabane de Tracuit.



 Comme quoi, des fois, le mauvais train amène au bon endroit. Dans le bus, il y avait toute la literie de la cabane, et après l’avoir démarré, rendez-vous avec l’hélico. Comme il manque des bras pour mettre en route la cabane, j’accepte avec joie la proposition d’Anne-Lise de monter donner un coup de main la-haut, surtout que le temps est magnifique et que l’occasion ne se présente pas tout les jours. 

Tout le monde est au rendez-vous, le boucher, le marchand de gaz, les pellets et le fuel. La nourriture, le pain, les légumes, les boissons, tout ce qui est necessaire pour  ravitailler les randonneurs et alpinistes qui se lancent à la conquête des sommets enneigés.
Tout ce matériel va être chargé dans des filets et rejoindra Tracuit, suspendu sous l’hélico, juste après nous, avec deux gateaux surprise pour le dessert d'aujourd'hui !




  L’arrivée à la cabane par la voie des airs, entourée d’une neige immaculée et des sommets environnants que l’on découvre sous un autre angle est fantastique. Ma dernière visite était un mois de septembre , à pied, avant de poursuivre sur la cabane d'Arpitettaz, et c'est la première fois que je viens en hiver et en hélico. La dépose se fait un peu plus haut que la cabane, à côté du réservoir d’eau. Le temps de rejoindre ce navire amarré a flan de montagne que l’hélico revient déjà avec son chargement. Le travail est rapide, le pilotage précis et les filets déposés juste devant la porte. Plus qu’a ranger tout ça dans l’économat, les frigos et les chambres. 
Une équipe de Swisscom est déjà à pied d’oeuvre pour l’installation de la connexion internet, le progrès s’installant de plus en plus haut avec ses avantages et inconvénients…




 J’ai vraiment l’impression d’être monté à bord d’un grand voilier, prêt à appareiller pour une croisière immobile sur un océan de blancheur, avec ses levers de soleil timide, ses tempêtes soudaines, ses errements dans des brouillards opaques, ses instants de plénitudes et de calmes plats dans l’attente de ses couchers de soleil flamboyants qui nous laissent sans voix devant ce spectacle grandiose de la nature. 
Les cales avec les réserves de nourriture, de matériel et d'outillage. La cuisine à côté du carré de la capitaine Anne-Lise, le réfectoire ou l'équipage se retrouve pour les repas et le dortoir que l'on rejoint par une coursive avec des banettes étroites, les une à côté des autres, sur deux étages, pour gagner de la place. Et par les petites fenetres, hublots rectangulaires, la vue sur un océan de montagnes.
Une petite vidéo pour vous faire une idée de l'endroit...








Midi, l’assiette de spaghetti se savoure avec des voisins prestigieux comme le Zinalrothorn,l'Obergabelhorn, le Besso, la Dent Blanche et le Grand Cornier. 
Ou le bleu et le blanc sont les couleurs principales de cette fresque montagnarde.
Café, dessert, il est temps de continuer la mise en place, l’hélico du retour est annoncé avec un peu d’avance, et c’est avec regrets que je quitte le navire, l’impression de débarquer trop tôt d’une de ces croisières qui laisse des souvenirs impérissables.















La descente sera rapide, départ presque à la vertical, les oreilles qui bourdonnent, le désert de neige et de glace qui défile à toute allure sous les patins de la machine, le passage du Roc de la Vache et la vallée qui s’ouvre d’un coup à la vue, 
Zinal grossit à vue d’oeil et l’hélico vient se poser à côté de la Tzoucdana, juste à côté d'un autre hélico affrété au tournage d'un film. 
La porte s’ouvre, les passagers descendent, s’accroupissent quelques instants le temps à l’hélico de reprendre de la hauteur, nous saluant du souffle puissant de son rotor en guise d’au-revoir.



J’adore ce genre de journée ou rien ne se passe comme prévu…